DIXXIT
1/ Technique de la GRILLATURE :

J’ai utilisé un procédé personnel de retranscription des notes qui s’inspire du système des tablatures pour guitare.
Cette méthode des tablatures, telle que vous la trouverez dans le commerce,  permet de s’affranchir du solfège, en court-circuitant le système de l’annotation de la nature des notes (la gamme Do, Re, Mi.., et leurs demi-tons), nature définie par leur position sur la portée.
Mais elle en conserve l’utilisation du principe de l’annotation de la durée des notes (par le système de valeur  des ronde, blanche, noire, croche, double-croche, etc,.. chacune valant deux fois celle qui la suit dans la liste), et des silences qui vont avec.
Même si elle a des applications limitées (on ne s’en sert pas pour des partitions musicales très techniques), cette méthode a le mérite d’être simple et accessible. Elle a été élaborée pour être utilisée par des amateurs, peu instruits en solfège .
Elle substitue à la portée de 5 lignes de votre solfège du collège, une nouvelle portée de 6 lignes, lignes qui représentent chacune des cordes de la guitare (de la plus aiguë, le Mi, en haut de portée, jusqu’à la plus grave, vers le bas de page, donc dans l’ordre : Mi, Si, Sol, Re, La, Mi). Les notes sont directement ‘écrites’ sur ces cordes, par l’intermédiaire d’un chiffre.
Ce chiffre traduit la numérotation de la case du manche sur laquelle il faut écraser la corde. Cette numérotation va de 0, corde à vide, jusqu’à 12 à 14.., vers la caisse de la guitare. La case 1 étant la plus proche de l’extrémité du manche, côté ‘mécaniques’ qui servent à l’accorder. Chaque case correspond à un demi-ton.

Représentation simplifiée d’une tablature, qui ne comporte ici que 2 mesures :

 

 (le schéma est très approximatif, et pas très symétrique, car réalisé à partir d’un logiciel de traitement de texte, WORD en l’occurrence, qui n’est pas du tout adapté à l’écriture de tablatures. C’est d’ailleurs la raison première pour laquelle, ne m’étant jamais essayé à cet exercice,  et n’ayant jamais entendu parler de logiciel spécifique, j’ai d’abord cherché à utiliser ce même logiciel, simple, pour l’usage particulier me concernant)

Cette méthode ‘classique’ de tablatures, mentionnée par cet exemple, conserve l’annotation du solfège, à savoir, ici, et en dessous de la tablature :

  • une barre verticale (mais je n’ai trouvé que le point d’exclamation ‘!’ pour la représenter) sous le premier 3 et le couple 1-2 suivant, qui traduit pour chacune une valeur de « noire », 
  • une barre horizontale reliée à la suivante (elle-même reliée à la suivante..), qui signifie que ce sont des « croches », chacune ne valant que la moitié d’une noire.

Il y a donc, dans cette mesure, quatre temps, qu’on traduit en début de portée, par deux gros chiffres 4 superposés (et que je n’ai pas réussi à placer ici), ou un C. Les deux premiers temps ne  contiennent ici qu’une note, simple ou en duo ; les deux derniers  deux notes chacun, et donc quatre notes, qui vont durer autant que les deux premières.
On aurait pu, aussi bien, subdiviser chaque temps et parler alors de huit demi-temps.. (le demi-temps devenant dès lors l’unité de temps. Mais çà ne change rien à la longueur de la mesure, comme le fait de subdiviser le mètre en dix décimètres, ou chaque décimètre en dix centimètres chacun ne change rien à la longueur du mètre)
 
J’ai donc remplacé, dans cette tablature initiale, deux éléments :

  • d’une part la représentation cordes = lignes horizontales, par la représentation cordes  =  bandes délimitées par ces lignes, dans le même ordre évidemment. Ce qui aboutit à créer 7 lignes, au lieu de 6, pour réaliser 6 intervalles ou bandes.
  • d’autre part j’ai remplacé la représentation solfégique de la valeur des notes (càd l’utilisation des blanches, noires..), par une grille, qui intègre la totalité des sous-unités des temps de la mesure (la mesure est l’unité de base de temps d’une mélodie, comme le wagon est l’unité de véhicule-de-transport d’un train. Elle est comprise entre deux barres de mesure. Parmi la série des temps qui  constituent la mesure, comme la série de sièges du wagon, (2 dans la musique techno, 3 dans la valse, 4 dans un slow-rock, par ex.), on ’’sent’’ bien un temps fort, ou ‘moment fort’, et donc, par opposition, un temps ‘faible’, ou contre-temps.

De même que la « mesure » est l’unité de temps d’une mélodie, le « temps » est l’unité de temps de la mesure quand on parle d’une mesure à 2, 3 ou 4 temps.
Ce temps de mesure peut être divisé virtuellement en sous-temps, eux-mêmes subdivisés jusqu’à la plus petite unité, la durée de base ‘standard’, celle qui sert de référence, celle qui permet de dire qu’une note va durer au moins autant qu’elle, sinon un multiple entier de 2 (2 fois, 4 fois, 8 fois plus..).
Chez moi, il y a généralement 8 sous-temps (sous-temps qui est aussi un ‘temps’ au sens large), sauf les mélodies n° 2 et n° 9, où il y en a 6).
Avec la méthode que je vous propose, la ‘tablature’ ci-dessus devient ce que j’ai appelé une « grillature » :

 

Dans cette portée, qui est une sorte de tablature, mais en forme de grille (grillature), et qui contient quatre mesures, la mesure correspondant à l’exemple cité plus haut comporte ici 8 temps, matérialisés par des colonnes verticales. Les temps=colonnes qui ne contiennent pas de notes (colonnes n° 2 et 4, ici) appartiennent aux notes qui les précèdent, et donc ‘prolongent’ la note correspondante d’autant.

Vous n’avez donc plus à connaître :

  • ni la valeur de durée d’une note, comme dans le solfège,
  • ni, comme dans le système des tablatures, celle des barres verticales placées au dessous des notes chiffrées, et celles, horizontales, qui les relient souvent entre elles, en dessous de la  portée à 6 lignes. (voir 1er exemple)

Il vous suffit désormais, sur mes partitions-grillatures, de compter régulièrement les sous-temps (ou temps) qui défilent, constitués par les colonnes verticales (généralement 8 par mesure), et de placer les notes là où elles apparaissent, en laissant passer les temps (= colonnes) qui ne comportent pas  de notes (et qui constituent des silences ou des prolongations de notes).
 Mais il s’agit bien de compter toutes les colonnes, qu’elles aient ou non des notes, et de donner à toutes ces  colonnes la même valeur de temps = durée.

2/ MISES AU POINT initiales et SIGNIFICATION  de quelques signes et annotations :

Le choix d’un logiciel de traitement de texte pour transposer un accompagnement guitare a les inconvénients de son inadéquation. Il m’a fallu attribuer à des caractères d’écriture des significations nouvelles : en voici quelques unes, que j’aurai peut-être à compléter au fil de la retranscription des partitions ultérieures, sur lesquelles je travaille actuellement.

  • D’abord, signaler que ma guitare n’est pas forcément accordée sur le vrai « La » du diapason, ou de la tonalité du téléphone, et donc peut-être pas accordée à la votre.
  • D’autre part, pour des raisons de hauteur de voix personnelle, je chante sur un ton qui ne vous conviendra pas forcément. Vous devrez donc monter ou descendre le capodastre (ce que je signale en début de partition par ‘capo’) sur une case plus appropriée.
  • Par souci de simplification, je nomme la tonalité de la mélodie par l’accord qui correspond à la représentation habituelle de la disposition des doigts, par rapport au sillet (barre initiale sur laquelle appuient les cordes près des mécaniques d’accordement). Mais çà ne va pas correspondre, par exemple, au même accord sur un piano. Je précise donc que c’est la « position » du Do, et non la tonalité musicale réelle, en écrivant : Do (position de -).
  • Tous les accords mentionnés sur la grillature seront évidemment dénommés par rapport à la tonalité.
  • J’ai numéroté les mesures, afin de les situer plus facilement, et me permettre de donner des explications ciblées, parfois en leur donnant deux chiffres différents quand il faut les répéter, après être arrivé à une barre de mesure de retour. Parfois je les note en double par le même chiffre, mais avec un  ’ (ex. : 01/01’), avec la même signification de répétition.
  • Le signe %, en gras, à l’intérieur d’une mesure vierge, indique qu’il faut répéter intégralement la mesure précédente (dans l’exemple qui suit, la mesure 12/ répète la 11/. C’est le signe officiel de la méthode des tablatures adapté aux moyens du bord..
  • Lorsqu’il faut répéter une série de mesures (par ex. les 13/, 14/ et 15/), on utilise une barre de mesure double, appelée « barre de reprise », qu’on place en fin de dernière mesure du lot concerné, avec le signe ‘:’ juste avant. On revient alors à la mesure qui comporte la même barre de reprise, mais inversée quant à l’épaisseur des barres, suivie de ce même :. (mais je rajoute systématiquement une double numérotation des mesures concernées, car parfois les mesures à répéter à un moment donné différent se chevauchent et   il faut remonter à une mesure plus en amont).
 
  • N’ayant pas voulu surcharger la grille, l’utilisation d’un barré, càd la nécessité de poser l’index bien à plat en travers du manche, en s’en servant comme d’une pince avec le pouce (comme pour l’accord de Fa dans la mesure 15/) sera signalée en début de partition ; sinon il m’arrive de mettre un ’i’ minuscule avec astérisque : i*, au dessus de la portée.
  • A ce sujet, l’indication des doigts sollicités par la main G est parfois reportée au-dessus de la portée, à l’aplomb de la note concernée, quand cela me semble pertinent. Mais tout est relatif, et je dois en oublier.. Mais chacun peut trouver sa solution, et il peut vous apparaître plus naturel de trouver une autre position.
      • Leur annotation se fera par leur 1ère lettre pour (i)ndex, (m)ajeur, et (a)nnulaire, mais par (u) pour a(u)riculaire. Et (p)ouce Droit.
      • Quand il y a 3 ou 4 notes sur la même colonne, j’essaie de superposer les lettres concernées, sinon je les mets en suivant. (ex : i,m)(ou : im)
  • Pour ceux de la main D, je le précise plus généralement en entrée de partition, car leur répartition est souvent constante. Sinon je le rajoute en-dessous de la portée.
  • La « liaison », c’est le fait de jouer plusieurs notes, généralement deux, en n’attaquant qu’une fois la corde.
      • Elle peut être « glissée » : le doigt glisse d’une corde à une autre. Je le signale par un tiret (-) dans la ou les cases qui les séparent.
      • Elle peut être « frappée » : la 1ère note est jouée normalement ; la 2ème est frappée avec un autre doigt. Je le signalerai en entrée de partition, et par un tiret (-) également.
      • Elle peut être aussi « tirée », mais je m’en sers très peu : la 1ère note est jouée normalement. La 2ème est obtenue en tirant la corde avec le doigt de la main G utilisée pour jouer la 1ère note. Je ne le signale qu’en notes d’intro.
  • J’ai essayé de préciser la nature des accords au-dessus ou au-dessous des mesures concernées, mais souvent ils sont combinés à des notes, généralement des basses, de transition, ce qui rend leur définition plus complexe et sans intérêt majeur. J’en parle au paragraphe 3/, plus bas.
  • Je fais parfois, en début de partition, un récapitulatif de la suite des mesures, quand il y a de nombreuses barres de reprise, ou bien une structure compliquée.
      • Par ex. : 01/à12/04/à20/… : veut dire qu’il faut jouer les mesures de 01/ à 12/, revenir en 04/ pour faire 04/ à 20/, etc..
      • Parfois je l’écris sans le / : 01à12.04à20…
  • J’ai essayé de mettre le texte des paroles le plus possible en parallèle avec l’accompagnement, mais ce ne sera pas toujours réussi, et souvent, pas forcément fidèle, vu qu’une part d’improvisation, ou de fantaisie, fera varier la disposition exacte des syllabes.
  • Des erreurs et oublis sont probables… N’hésitez pas à me le signaler.
  • Pardon pour les gauchers...

Préciser de nouveau qu’un casque, ou des écouteurs, permettent d’entendre beaucoup mieux le détail de l’accompagnement, et de percevoir le tambourin.

3/  NUMEROTATION  des  CORDES - Rappel :

Les cordes sont officiellement numérotées de 1 à 6, de la plus aiguë à la plus grave, c’est-à-dire de la plus fine à la plus grosse, et correspondent à l’ordre d’apparition sur un texte ou un écran, càd du haut de la page vers le bas. (Mi, Si, Sol, Re, La, Mi)
C’est aussi l’ordre d’apparition de haut en bas, quand vous regardez le manche de votre guitare posée à plat, caisse à droite, manche à gauche, mécaniques d’accordement à l’extrème-gauche. (Je parle d’une guitare de droitier..)
(Par contre, attention : lorsque vous regardez votre guitare, en jouant, ou lorsque vous égrenez un accord, corde après corde, ou quand vous nommez classiquement la suite des notes représentant les cordes, (Mi, La, Re, Sol, Si, Mi) vous avez tendance à inverser leur numérotation, en considérant les ‘premières’ comme celles qui donnent le son le plus grave..). Il n’est donc pas impossible que je me sois trompé moi aussi, à l’occasion..(J’ai vu des numérotations de cordes inversées, sur Internet, et donc par des gens très pointus !)

4/ ACCORDS - Notions de base :

Pour ceux que çà intéresse et pour être plus complet, j’ai rajouté le nom de tous les accords, en m’aidant d’un dico correspondant.
Il y en a de simples, qui sont les seuls que je connaissais avant de vouloir les citer tous ici, à savoir les majeurs, mineurs et 7èmes . Il y en a de compliqués, exactement 32 sortes dans l’ouvrage dont je me suis servi.

Juste dire :

  • qu’un accord est une association harmonieuse d’au moins trois notes/sons simultanées ;
  • elles appartiennent au départ, c’est-à-dire pour les accords majeurs, à la même gamme :
      •  par exemple l’accord de Do majeur ne contiendra que des notes faisant partie de la série Do-Re-Mi-Fa-Sol-La-Si (touches blanches du piano), à l’exclusion des dièses et bémols (demi-ton au dessus ou au dessous, que constituent dans cette gamme les touches noires du piano). C’est ainsi que le Do majeur comprend les notes Do, Mi et Sol ;
  • la note qui donne son nom à l’accord se nomme ‘fondamentale’, ou ‘tonique’ de l’accord :
      •  par exemple le Do dans l’accord de Do. Elle constitue généralement la note la plus grave en cas d’arpège (notes de l’accord jouées une par une, ou en tous cas quand l’une d’entre elles est dissociée, comme la basse), et sert souvent de première note jouée. Mais en cas d’accord plaqué (notes jouées ensemble, en une seule fois) çà n’a aucune importance puisqu’on n’arriverait pas à les distinguer ;
  • les notes de l’accord prennent le nom de l’intervalle que chacune d’elles forme avec la fondamentale :
      • ainsi, dans l’accord de Do par ex, le Mi, étant situé en 3ème position après la fondamentale de cet accord (le Do) est une tierce (par rapport au Do), comme le Sol est une quinte. Et les notes de la gamme en général, idem : c’est ainsi que le La, dans la gamme de Do, est une sixte.
      • Ce qui fait que si, à l’accord de Do (Do-Mi-Sol), vous ajoutez le La, votre accord devient «  Do 6 ».
      • Certains intervalles peuvent être définis par rapport au demi-ton qui les précède ou qui les suit : on parlera alors de tierce majeure ou mineure, de quinte diminuée ou augmentée, de neuvième bémol.., ce qui explique la multiplicité et la complexité des possibilités d’accord. 
  • les notes concernées par l’accord peuvent être doublées ou permutées sans que cela ne modifie sa nature :
      • ex  : l’accord de Do peut contenir un seul Do, un seul Mi et deux Sol, par exemple, et disposés dans n’importe quel ordre ; 
  • lorsqu’ au cours d’un arpège, ou en tous cas au cours d’un accord non plaqué, la basse, ou la 1ère note jouée, est autre que la fondamentale, on parle de renversement d’accord :
      • exemple : l’arpège sur accord de Do joué dans l’ordre : Sol-Do-Mi-Sol en montant. On le note alors en mentionnant en premier la nature de l’accord, suivi par un / et par la note qui a remplacé la fondamentale : ici : Do/Sol.
  • Je n’ai pas choisi la méthode de notation d’accords anglo-saxonne, qui utilise les 7 premières lettres de l’alphabet : A pour le La, B pour Si, C pour le Do,… G pour le Sol.

5/ CONSEILS pratiques pour DÉBUTER l’apprentissage éventuel :

 Commencer par les mélodies les plus faciles :

  • comme la n°2, puisqu’en arpèges continus,
  • la n°4, rythmée, mais aux accords simples et répétitifs, et qui permet de s’habituer à la lecture des ‘blancs’, càd des colonnes sans notes qu’il faut bien compter pour placer les accords au bon moment.
  • la n°5, aux arpèges à ‘blancs’ intercalés, et aux ‘glissés’ faciles
  • la n°8, au rythme facile à prendre, et aux ’blancs’ réguliers, et avec trois accords  uniquement.
  • La n°10, lente, et aux arpèges à ‘fracture’ facile à intégrer. 
Merci et bravo de m’avoir lu jusqu’ici...              Georges AYELA

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